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2014 GALERIE EPONYME

La main du rêve, EPONYME GALERIE  

BORDEAUX, FRANCE

LA MAIN DU RÊVE

VERNISSAGE

09.09.2014 à partir de 18H

EXPOSITION

09.10 / 20.12.2014

GALERIE EPONYME

3 RUE CORNAC F-33000 BORDEAUX

Pascal Grandmaison, La main du rêve
Galerie Eponyme, Bordeaux, du 9 octobre au 20 décembre 2014

Le dernier film de Pascal Grandmaison donne son titre à la nouvelle exposition solo de l’artiste à la galerie Eponyme qui le représente en France. Cette œuvre a été diffusée en avant-première sur le sol français durant l’exposition collective « A Montréal, quand l’image rôde » présentée à l’hiver 2013-2014 au Fresnoy de Tourcoing, sous le commissariat de Louise Déry.

La main du rêve (2013) est à la fois un ballet et un portrait : un spectacle naturaliste né de l’incursion de l’œil technologique parmi l’omniprésence végétale. Chaque infime palpitation de la terre, de l’air, du bois et des feuillages est systématiquement disséquée et sublimée. Grandmaison plonge au cœur d’un sous-bois des Morin-Heights équipé d’une Red One produisant 300 images par seconde et perpétue sa pratique du médium filmique avec l’alliance de précision et de poésie qui traverse toute son œuvre. L’artiste délaisse ici un discours réflexif sur les spécificités du médium au profit d’une ode à la nature qui habite toute l’exposition. Dans La main du rêve, la coexistence de distorsions temporelles telles que la permanence de l’instant et l’inversion chronologique, si saisissante dans le diptyque Double brouillard (2007) / Je te vois à l’envers (2008), vient fracturer le cycle naturel des éléments. Elle orchestre pour le regard une fascinante danse organique qui préserve le moindre souffle d’énergie de son invisibilité habituelle. 

Extraire de l’ombre, ouvrir une brèche perceptive : une vocation magique à laquelle s’adonne Grandmaison dans l’ensemble des pièces de l’exposition. Le spectacle des éléments prenant vie à l’écran se prolonge lorsqu’à sa surface notre regard poursuit le glissement grinçant de la pierre de Sisyphe détachée de son héros. Avec l’image, c’est le mythe tout entier qui connaît une inversion de sens dans Nostalgie #1 (2013), comme un hommage aux écrits d’Albert Camus qui avançait la thèse selon laquelle l’homme agissant en pleine conscience de sa tâche ne subit plus sa destinée. Sous l’effet des jeux de cadrage et de temps caractéristiques du médium vidéo, l’objet minéral semble soudain devenu son propre moteur et acquiert une fonction de guide pour l’individu.

Pascal Grandmaison endosse ce rôle d’éclaireur avec force dans la série photographique Second Regard (2013) où il revient à une double exposition du sujet et du médium. Il fait émerger de l’ombre l’immensité des grottes de Cacahuamilpa près de Taxco au Mexique. En autorisant l’œil à percevoir de manière aussi limpide et synthétique ce paysage grandiose habituellement tapi dans l’obscurité souterraine, l’artiste agit en architecte de la lumière et l’image expose en même temps sa dimension factice.

Plus ancienne, la dernière œuvre présentée à la galerie Eponyme permet au spectateur de prendre de la distance vis-à-vis de l’expérience immersive prodiguée par les autres pièces. Quelques années avant de mettre en scène la roche symbolique de Sisyphe ou d’éclairer celle des grottes de Second Regard, Pascal Grandmaison voyait déjà en elle un support d’exploration des forces naturelles en lesquelles l’esprit humain peut croire alors même qu’elles échappent à sa vision. Fake imagery of a world upside down (2008) constitue un trait d’union, une vision simultanée des multiples renversements perceptifs et psychiques par lesquels l’artiste, par-delà le pouvoir de séduction de ses images, continue de mettre à l’épreuve le regard de son public.

texte: Stéphanie Dauget

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